Bonjour,
Nous avons maintenant une idée plus précise de ce qu'est "la monnaie". Il nous faut maintenant regarder comment ça fonctionne avec la sphère réelle.
J'ai évoqué avec les 3 fonctions de la monnaie le fait que je préférais parler de stock/flux, et de volume/valeur, car c'était des notions plus génériques. Je vais causer de ça dans ce post pour établir des bases solides, en préambule à la suite. Ce que je vais décrire ici est très générique, et sera valable entre autre pour les sphères réelles, monétaires et financières.
Supposons que vous avez défini un objet et que cet objet est qualifié par des attributs, par exemple, une banane dont les attributs sont le poids (en kilo) et la qualité (bon à consommer ou périmée),
Supposons maintenant que vous avez défini une frontière qui délimite un intérieur et un extérieur, par exemple, votre étalage d'épicier, qui est une propriété privée,
Alors concrètement,
- A chaque instant, vous avez un stock de bananes à l'intérieur de l'étalage
- Entre deux instants, vous avez un flux de banane de l'intérieur de l'étalage vers l'extérieur de l'étalage (ou dans le sens contraire)
Autrement dit abstraitement,
- le stock est défini par une date et par une frontière qui délimite le volume intérieur d'un système.
- le flux est défini par un intervalle entre deux dates et par cette même frontière.
Dans le cadre de ce cycle de post sur monnaie et finance, qu'est ce que cela devient ?
- Chaque sphère est un système caractérisé par une frontière, un intérieur et un extérieur.
- Chaque sphère est dans l'extérieur des autres sphères.
- A chaque instant, chaque sphère est un stock : la sphère financière est un ensemble d’actifs ; la monétaire un stock de monnaies ; la réelle un stock de biens et services
- Entre deux instants, il y a des flux de l'intérieur vers l'extérieur et de l'extérieur vers l'intérieur des sphères.
Chaque stock et chaque flux est lui-même décomposable en autant de catégories pertinentes que nécessaire. Cela n'est limité que par les attributs de l'objet initial. Par exemple, je peux regarder le stock des bananes supérieures à 20 cm d'origine congolaise. J'utilise simplement l'attribut taille et l'attribut origine.
Voilà, nous sommes mieux armés pour décrire les transactions entre les sphères...
Note 1: Nous repasserons par ces notions et nous les approfondirons dans le cycle de post qui suivra celui ci et qui traitera de la numérisation du monde et de la "business intelligence" en entreprise (ça aussi j'adore, c'est passionnant)
Note 2: tout ce qui est dit ici s'inscrit dans l'approche systémique. Il faut avoir conscience des limites de cette approche. J'y reviendrais bien plus tard...sur des cycles de post plus philosophico-anthropologique. Disons pour le moment que cela veut dire que je définis précisément pour la raison des objets et les articulations entre les objets. Cela veut dire que je peux décomposer aussi loin que je le souhaite. Tout dépend des questions auxquelles je souhaite répondre. Disons simplement également qu'au delà de l'approche systémique, il y a l'approche holistique (libellé rationnel) qui pourrait tout aussi bien s'appeler cosmique (libellé spirituel et/ou mystique qui entraine beaucoup de méfiance depuis le moyen-âge). Je le dis tout de go, je n'en suis hélas pas là.
Note 3: juste pour vous taquiner sur le caractère très concret de la note 2; songez que les stocks et les flux n'existent qu'en vertu de ma raison qui a choisi de poser une frontière ici ou là. Et pis c'est tout ! (entendre la marionette des guignols). Lorsque le génial Keynes pose après mûre réflexion la consommation d'un côté et l'investissement de l'autre, c'est un arbitraire de la raison, qui génère les stocks et les flux afférents. Si par la pensée, je veux regarder autrement, je peux, c'est sans limite. La réalité, elle, n'en a cure. Je peux mettre les frontières mentales que je veux pour comprendre le monde, la réalité est, indépendamment de mes petites boites dans lesquelles je veux tout ranger.
Hasta la vista...