Bonjour,
Dans la suite de cette parenthèse sur la baguette qui passe à 2 euros, suite à la mise en évidence des "trous" dans la théorie économique bien huilée, comme j’aime à revenir à l’humain, je propose maintenant une approche sociale de la question des prix, qui est très très très loin d’être exhaustive. Elle vise juste à éveiller à cette dimension.
1. L’importance des habitudes et des croyances dans l’établissement des prix.
Un prix semble ‘raisonnable’ en vertu des habitudes et des croyances. Ces habitudes et ces croyances ont de nombreuses caractéristiques liées à leur ancrage humain et social :
- Les croyances se forgent sur la base de l’association d’un désir à un objet et aux prix que j’observe. Cette association est parfois généré par un effet de mode (si vous n’avez pas l’ipod vous n’êtes pas dans le coup), un effet d’imitation (thierry henry se rase avec gilette et vous ?), un détournement d’un désir immatériel vers un objet dont je peux faire l’acquisition (ex : être heureux en famille vers la renault espace…), etc… (le marketing est abondant sur comment tirer parti d’un désir pour vendre…). Autrement dit, ce que je suis prêt à mettre pour acquérir cet objet est à proportion du désir que je crois satisfaire…
- Les croyances changent lentement (il y en a encore qui sont aux anciens francs) car elles s’ancrent dans l’humain qui a besoin de repère et n’en change pas en un claquement de doigt. [Note : les deux dernières caractéristiques sont liées : l’association d’un désir à un objet à l’échelle sociale (comme celui pour la voiture) conduit à une idée du prix ‘raisonnable’ qui change lentement du fait qu’il s’agit d’un repère commun.]
- La croyance de la communauté concernée par les achats/ventes d’un bien induit le prix. A titre d’exemple, le fait que tout le monde « croit » que ce tableau vaut un million d’euros conduit ce tableau à valoir un million d’euros…tant que tout le monde y croit.
2. L’importance des rapports de force sous jacent à toutes les marges de tous les prix.
- Ces rapports de force sont maintenus et entretenus par de nombreux moyens dont seulement une partie est d’ordre ‘économique’. Il y a aussi l’arsenal juridique existant et à venir, le lobbying, la politique, et certains moyens illégaux mais efficaces...
- Pour filer l’exemple sur le marché de l’art, il existe manifestement un consensus commun entre les experts, les commissaires-priseur, les artistes, les musées, les riches collectionneurs et les entreprises pour générer un ‘marché’ de l’art avec ses cotations…Les rapports de force sont souvent en faveur de la découverte inopinée d’une nouvelle toile du maître plutôt que dans la découverte désastreuse d’un faux CQFD :-)