Bonjour,
En premier lieu, je nous propose de remettre la concurrence pure et parfaite à sa juste place.
La concurrence « pure et parfaite » est une abstraction formidable (mathématiquement parlant) opérée par Walras dans sa théorie de l’équilibre général. Le résultat du modèle est également formidable : « l’optimum social » « le plus grand bien être de tous »…(au sens de la fonction d’utilité individuelle :-( là, c’est déjà moins excitant pour les êtres humains que nous sommes…)
De façon générale, dans les modèles en économie, TOUT est dans les hypothèses (la science économique pourra faire l'objet d'un cycle de post très intéressant le moment venu). Il convient donc non pas tant de s’intéresser aux résultats, souvent conforme à l’intention initiale du modélisateur (après tout le chercheur finit bien par trouver ce qu’il cherche), mais aux hypothèses qu’il lui a fallu faire pour atteindre le résultat cherché. Dans notre cas, les hypothèses sont :
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Atomicité du marché : aucun agent ne peut agir sur les prix car ils sont trop petits pour cela
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Produits homogènes : les produits sont parfaitement identiques quelque soit le producteur
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Liberté d’entrée et de sortie sur le marché : rien ne s’oppose à l’arrivée de nouveau concurrent ou à la sortie d’ancien
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Mobilité parfaite des facteurs de production : il est possible de produire autre chose de plus profitable sans que cela coûte (le boulanger peut devenir directement boucher si c’est plus rentable – sans coût)
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Transparence : toutes les techniques, notamment de production, tous les prix sont connus de tous, sans coût
Aucune de ces hypothèses n’est vérifiée dans les faits. Elles ne sont pas vérifiées à tel point que des pans entiers de l’économie se sont construits justement sur l’entorse à ces hypothèses :
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Détenir des techniques de production non maîtrisées par d’autres
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L’impossibilité d’entrer dans un marché verrouillé par ceux qui y sont déjà
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L’immobilité très forte de certains « facteurs » de production, dont celui non négligeable que constitue l’être humain…attaché à sa terre et à sa famille. Même si les media parlent parfois de fuite des cerveaux, phénomène à relativiser, ils parlent rarement de fuite des bras…
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L’opacité des techniques et des prix, et le coût nécessaire (intelligence économique, études,…) pour les connaître.
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Sans compter que l’ « homo économicus » qui se contente d’optimiser sa fonction d’utilité ne me semble pas rendre compte pleinement de ce qu’est un être humain :-)
- Etc…
C'est justement l'entorse à ces hypothèses qui fournit une rente temporaire à celui qui est le bénéficiaire de cette situation et qui a fait tous les efforts possibles pour bénéficier de cet avantage. S'il n'était pas possible d'obtenir une situation de ce type, peu de gens feraient l'effort nécessaire pour en bénéficier.
Joseph Stiglitz a obtenu le prix nobel d’économie (en 2001 si je ne m’abuse) pour avoir justement travaillé sur les écarts à ces hypothèses, et plus particulièrement sur les imperfections de l’information sur les prix (la « transparence »).
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